Le Syndicat des employé.e.s de métiers d’Hydro-Québec (SCFP-1500), qui représente plus de 6 200 travailleuses et travailleurs spécialisés, réagit avec indignation aux révélations selon lesquelles Hydro-Québec a versé plus de 42 M$ en bonis à ses cadres, battant même son propre record à ce chapitre.
Pour le SCFP-1500, la publication de ces chiffres tombe à un bien mauvais moment pour les équipes terrain actuellement en grève du temps supplémentaire depuis bientôt trois semaines, alors que les négociations stagnent.
« Comment pensez-vous que ceux qui tiennent le réseau à bout de bras se sentent ce matin ? Quel message la société d’État envoie aux travailleurs qui se battent pour se faire respecter et obtenir un contrat de travail après plus de deux ans et demi à se faire ignorer par leur propre employeur ? » affirme le président du SCFP-1500, Frédéric Savard.
Le plus gros syndicat d’Hydro-Québec rappelle que ce sont les travailleuses et travailleurs de terrain qui assurent quotidiennement le maintien du réseau électrique partout au Québec, dans des conditions extrêmement exigeantes.
« C’est un métier dangereux travailler avec l’électricité, mais tellement essentiel pour le Québec. Le vrai rendement d’Hydro-Québec, c’est les travailleurs terrain qui le livrent : ceux qui répondent présents jour, soir, nuit, tempêtes, à Noël, aux grands froids et lors des pannes majeures quand il faut rétablir le courant et brancher des familles partout dans la province. Pas sur des tableaux et des décisions administratives. », ajoute M. Savard.
Des gestionnaires récompensés pendant que le climat de travail se détériore
Le syndicat dénonce également le fait que près de 1 000 gestionnaires ont reçu une prime de 1 000 $ ainsi qu’une journée de congé, l’automne dernier, afin de les aider à composer avec les moyens de pression syndicaux.
« Pendant que les équipes terrain vivent une pression énorme et que le climat de travail se détériore, Hydro-Québec distribue des bonis records et offre même des récompenses à ses gestionnaires afin de les aider à traverser cette période de conflit de travail. C’est inacceptable ! Toute cette énergie devrait plutôt être investie aux tables de négociation afin d’en arriver à une entente avec ses employés », lance Frédéric Savard.
Le SCFP-1500 estime qu’Hydro-Québec ne pourra pas porter le plus grand virage énergétique de son histoire en continuant d’épuiser, de démobiliser et de perdre l’expertise de ses équipes terrain.
« Il ne faut pas se surprendre de voir des travailleurs quitter, partir dans d’autres domaines ou des jeunes complètement désillusionnés qui n’en reviennent pas de voir Hydro-Québec gérée de cette façon », conclut M. Savard.
Le Syndicat des employé.e.s de métiers d’Hydro-Québec, section locale 1500, représente plus de 6 200 travailleuses et travailleurs spécialisés répartis dans plusieurs corps de métiers à travers le Québec.
SOURCE : Syndicat des employé.e.s de métiers d’Hydro-Québec (SCFP-1500)
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